Je pense donc je grimpe.

vendredi 27 juillet 2012

TEST DU DESCENDEUR CLICK UP

Tant que le Click Up reste dans cette position, on peut redonner du mou en opposant une légère poussée vers le bas sur l’arrière de l’appareil pour le refaire basculer et libérer un peu de pression sur la corde. Dès que l’appui relâché, le Click Up se remet de lui-même en position de blocage.Présenté au salon Outdoor 2009 à Friedrichshafen, dans le sud ouest de l’Allemagne, le Climbing Technology Click Up vient pour tenter de contester la suprématie du bien connu GRIGRI PETZL.

Les arguments commerciaux de Climbing Technology pour son Click Up ? Il est plus léger, se veut plus simple et fonctionnel, et il est moins cher.



FICHE TECHNIQUE

  • Fabricant : Climbing Technology (Italie)
  • Modèle : Click Up
  • Poids : 115 grammes
  • Diamètre de corde utilisable : ø9 à ø10,5 mm
  • Tarif : environ 45€ mais dispo dans la boutique Nospot à 34,11 €!
  • Site web: http://www.climbingtechnology.it/en-US/home-11en.html

Techniquement, il s’agit d’un descendeur autobloquant qui, contrairement au grigri, n’a pas de mécanisme mobile ni aucun autre dispositif à actionner pour se bloquer. Comme son nom l’indique, il « CLICK » (par association au son qu’il fait) lors du changement de position en mode « blocage ». L’ « UP » représentant le mouvement nécessaire au passage en mode « libre », qui permet de donner toute la corde que l’on désire au grimpeur. Le petit plus, c’est que si vous l’installez à l’envers, il fonctionnera tout de même, par défaut, comme un simple frein classique, ce que ne permettent pas les autres descendeurs.

Le fonctionnement

En théorie, la corde se place très simplement, en suivant le dessin imprimé sur le descendeur. Côté grimpeur sur le grimpeur, la corde libre sur la main.


En position d’assurage, le mousqueton se place dans la partie basse, sous l’ergot du Click Up. L’assureur utilise ses deux mains (une main sur chaque bout, la main droite ne devant JAMAIS lâcher sa corde) pour faire coulisser la corde comme il le souhaite. Dans cette position, la corde est libre.



Lors d’une chute, ou de tout autre tension brusque de la corde, le descendeur bascule sur lui-même de sorte que le mousqueton passe l’ergot (produisant ainsi le « click » caractéristique). Une fois dans cette position, la corde est bloquée. On peut également, en cas de besoin, faire passer le descendeur dans cette positionsans tension brusque, sur demande du grimpeur, simplement en « forçant » le passage de l’ergot.



Tant que le Click Up reste dans cette position, on peut redonner du mou en opposant une légère poussée vers le bas sur l’arrière de l’appareil pour le refaire basculer et libérer un peu de pression sur la corde. Dès que l’appui relâché, le Click Up se remet de lui-même en position de blocage.


Pour repasser dans la position d’assurage initiale, il suffit de relâcher la tension de la corde et replacer le mousqueton dans la partie basse de l’appareil. Pour cela, faites légèrement pivoter le Click Up et repoussez le vers le haut afin que le mousqueton puisse repasser l’ergot dans l’autre sens.

Pas tout compris ?

Voici une petite vidéo pour bien comprendre le mouvement :


Rapide test sur le terrain

Ca, c’était pour la théorie. Vous vous en doutez, nous n’avons pas attendu bien longtemps pour aller l’essayer.

Premier jour, test en salle. L’installation de la corde est simple, l’appareil attire même quelques curieux. On monte un mètre, deux mètres, pas de problème. La corde défile sans accroc. Avant d’aller plus haut, le grimpeur tente le grand saut pour tester et là, pas de mauvaise surprise. Le « Click » se fait entendre tout de suite et la descente est stoppée nette. L’effet bloquant est instantané et efficace. C’est pour repartir qu’il faut chipoter un peu, le temps de bien comprendre la manœuvre de basculement de l’appareil. Après deux ou trois essais, cela ne pose plus aucun problème, le mouvement est bien intégré et semble finalement vraiment simple et instinctif.


Le grimpeur peut donc terminer sa voie et il est temps d’essayer la descente. Petite pression vers l’arrière et la descente démarre. La corde coulisse tout doucement, sans à-coups. Un peu plus de pression sur le Click Up et la descente s’accélère. On lâche tout et la descente est stoppée net. Le grimpeur arrive en bas sans le moindre souci. Le premier test est donc très concluant.

Pour le deuxième test, on choisi une corde usée et peluchée. De nouveau, la corde coulisse parfaitement. Le grimpeur chute, le système fonctionne toujours aussi bien. Arrivé en haut, on se prépare pour la descente. Là, c’est un peu plus difficile. La corde ne glisse pas très bien, il faut un peu l’aider. Mais au final, la descente se fait toujours en douceur, sur le même rythme et avec la même fluidité que précédemment. Nous gardons donc le Click Up pour le reste de la journée, et après une dizaine de voies, nous sommes tous positivement conquis.







J’ajouterais qu’aucun des trois grimpeurs que nous étions ce jour là ne connaissait le Click Up. Il s’agissait pour nous tous d’une découverte et l’apprentissage ne nous a pris que quelques secondes. C’est d’une facilité déconcertante. Deuxième jour, il est temps de faire un essai en falaise. Profitant d’une sortie organisée par « NOSPOT », nous voici donc à la découverte des rochers de Mozet (région Namuroise). Pour ne pas prendre de risques inutiles, le test d’aujourd’hui portera uniquement sur l’assurage dit « en moulinette » (càd pas en tête).

Pour grimper, toujours aucun problème, quelque soit la corde utilisée (dans ce cas, nous n’avons utilisé que des 10mm -grigri oblige-, mais des plus petits calibres fonctionnent tout aussi bien –entre ø9mm et ø10,5mm-). Pour la descente, c’est une toute autre histoire. Dans le cas où la paroi est suffisamment verticale (Fig.1), le poids du grimpeur et la force exercée permettent une descente fluide est efficace. Dans le cas d’une courbe en invert (Fig.2), la force exercée sur le descendeur ne sera plus suffisante et l’assureur devra « aider sa corde » pour faire descendre le grimpeur jusqu'à ce que la descente soit à nouveau verticale. Voici donc, après deux jours, la première limite du Click Up. Il serait intéressant de l’essayer sur une dalle, ce que nous n’avons pas eu l’occasion de faire.

Troisième jour, le maniement du Click Up étant bien intégré, il est temps de faire le test en assurant un grimpeur en tête. Une fois de plus, le Click Up se révèle être d’une surprenante efficacité. Il permet de donner du mou à l’envie, de prendre sec en quelques instants et, une fois le grimpeur vacher au relais, de mouliner et d’avaler ensuite la corde avec une facilité toujours aussi déconcertante.




Conclusion

En conclusion, nous pouvons tirer un bilan plus que positif de l’utilisation en SAE ou falaise sur corde à simple de ce descendeur. Une belle création donc de la part de Climbing Technology.

Les plus

- Fluidité d’assurage

- Facilité d’apprentissage

- Freinage-blocage également efficace sur tout le panel de diamètre de corde préconisé (non testé ici).

Les moins

- Champ d’utilisation limité à la falaise ou la salle par sa nature même d’auto-freinant et de corde à simple.

- Certains mousquettons ne fonctionnent pas avec le système! A tester avant de se lancer.

Conseils d’utilisation et d’entretien

- À utiliser de préférence avec un mousqueton MINI HMS (recommandation du fabricant) ou mousqueton ø12mm max avec si possible un mécanisme de blocage (cf. image) afin de bien fixer le mousqueton au baudrier et être ainsi assuré qu'il ne tournera pas sur lui-même (dans ce cas, il y aurais danger).






- Corde dynamique ø9,0mm à ø10,5mm
- Nettoyage à l’eau clair et essuyer avec un tissu non abrasif

Et la fatigue musculaire dans tout cela?

Du point de vue fatigue musculaire, même après plusieurs voies et des bras comme du béton, ça va toujours tout seul ;-)

Suite au…

Et comme toujours avec Nospot, suite au prochain épisode, c’est à dire dans un an, afin d’évaluer l’usure du Click Up.

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