Je pense donc je grimpe.

dimanche 29 juillet 2012

LITTÉRATURE MONTAGNARDE : « PREMIER DE CORDÉE » ROGER FRISON-ROCHE

« Premier de cordée » est un roman de Roger Frison-Roche (http://www.frison-roche.com) écrit pendant son séjour à Alger entre 1938 et 1940, achevé en 1941 (le manuscrit est daté de 22 février) et paru en France en 1942. Il est le premier épisode d'une trilogie qui se poursuit par « La grande crevasse » et « Retour à la montagne ».

Par la suite, Roger Frison-Roche écrivit deux autres romans montagnards : « Les Montagnards de la nuit » et « Gens des neiges ».

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L’histoire

A Chamonix, dans les années 30, deux populations se côtoient tout en s'ignorant. Celle, tout d'abord, des sportifs à la recherche de sensations fortes, venus s'essayer à l'alpinisme. Celle, ensuite, des mondains, qui viennent là pour paraître et échanger les derniers cancans. Ces deux mondes se réunissent pourtant pour partir à la conquête du massif du Mont-Blanc.

Encordés, dépendants les uns des autres, montagnards confirmés et amateurs n'ont plus qu'à unir leurs forces et à oublier leurs différents. Les Servettaz sont guides depuis des générations. Lorsqu'un riche client italien insiste pour faire l'ascension d'une aiguille, malgré l'orage qui menace, le drame éclate ; Jean Servettaz, guide réputé de Chamonix, meure.

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Son fils Pierre, que Jean désirait éloigner du dangereux métier de guide, va au péril de sa vie, chercher son corps encore accroché à la montagne…

Être le premier de la cordée, c'est la fierté de se sentir accepté par les guides et d'être rendu responsable de la vie de ses compagnons. Pour Pierre, c'est être admis par ceux qui côtoyaient son père. Guide de haute montagne, Pierre Servettaz, malgré la mort de son père et en dépit du vertige qui l'étreint, va vaincre la montagne.

Analyse

Ce livre est d'abord une apologie de la profession de guide, c'est ensuite le tableau précis de la vie dans la vallée de Chamonix lorsque les touristes l'ont quittée, c'est surtout le meilleur roman de haute montagne que nous ayons lu.

On savait que Frison Roche ne manquait pas d'information : guide lui même, Chamoniard sans l'être, il est juste assez étranger à ses héros pour avoir le recul nécessaire à la description. On connaissait également sa jeunesse et son enthousiasme ; ce que cet ouvrage nous a révélé, c'est une inspiration puissante, un souffle qui force, le livre entamé, à le dévorer d'un trait. Des scènes comme la descente du Dru dans la tourmente et la caravane de secours sur la montagne verglacée, le combat des vaches à l'Alpe de Charamillon, l'escalade de la Petite Aiguillette, tiennent le lecteur haletant jusqu'à leur conclusion.

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Ajoutez à cela la finesse et l'exactitude des détails, un style alerte saupoudré, sans excès, d'expressions du cru, et vous aurez un avant goût de l'agrément que vous réserve la lecture de Premier de Cordée.

D'un point de vue plus élevé, un tel livre est réconfortant : il est rare de rencontrer un héros équilibré, robuste, ayant du coeur au ventre, parmi les théories de petits crevés dont le roman contemporain nous a inondés ! Certes c'est une oeuvre à faire lire aux jeunes pour leur apprendre ce que c'est que d'être un homme.

Gérard BLACHÈRE http://www.masse-fr.com/critiques/premier_frison.html

Extrait

Le vieux allait sans mot dire, le regard fixé à quelques mèttres devant lui, attentif à ne pas casser le rythme de sa marche. Sa figure brûlée par le soleil, burinée par la tourmante, émaciée par des années de vie rude et ascétique était sèche de transpiration . Il y avait belle lurete qu ' il n ' avait plus rien à transpirer. Curieuse figure que celle du vieux guide, patinée en brun rouge avec des yeux clairs, vifs et malicieux enfoncés dans les orbites, d ' énormes sourcils roux d ' une extrême mobilitée, et qu ' un tic remuer sans arrêt de haut en bas comme s ' ils eussent été postiches ; de belles moustaches de corsaire barbaresque, qu ' il lissait d ' un geste machinal, ne dépareillait pas l ' ensemble d ' une frappante et lointaine ascendance sarrasine. Son corps long et osseut était taillé à la hache, les mains étaient de véritables battoirs, noueuses, poilue sur le dessus - toujours ces longs poils roux - tavelées de taches de son, avec les extrémités tout usées et craquelées, pelées par le rochet. Des mains, comme il se plaisait à le répéter, qui ne lâchait jamais leur prise.

Adaptation au cinéma

Deux adaptations de ce classique de la littérature de montagne ont été réalisé.

Un premier en 1944, par Louis Daquin

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Une deuxième en 1998, par Edouard Niermans

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