Je pense donc je grimpe.

dimanche 29 juillet 2012

LA ROUMANIE, CETTE AUTRE DESTINATION DE L’ESCALADE

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A priori, la Roumanie n’est pas l’endroit où l’on partirait grimper. Et pourtant, lorsque l’on gratte un peu, on découvre les Bucegi (prononcer « BOUTCHEDGE ») et ces quelques 600 voies d’escalade.

Impossible pour moi de tester les 600 voies. Je me suis donc concentré sur trois aspects : découvrir la vie d’un agriculteur-grimpeur (voir mon précédent article), grimper les falaises autour de Sinaia et me balader en haute montagne.

Mais avant toute cela, passons aux avertissements de rigueur…

OURS !!!

2 (1)Alors que nous étions en repérage à St Ana, nous sommes tombés nez à nez avec un ours. Les ours de Roumanie représentent 43% des ours européens. La population est estimée à environs 5500 animaux. Le poids varie entre 100 et 350 kg pour une hauteur allant jusqu’à 2,5 mètres.

Lorsque j’ai parlé d’ours aux habitants des environs, tous en avaient vu de loin, depuis leur voiture, ou même depuis les fenêtres de leur maison. La seule personne que j’ai rencontrée qui en avait vu un de prêt, était une personne qui avait été attaquée par derrière…

Lorsque ce jeune mâle s’est posé devant moi, à deux mètres de distance, j’étais partagé entre l’excitation provoquée par cette rencontre et la peur suscitée par la taille de ses griffes.
Le face à face a duré entre 15 et 20 minutes. Nous avons fini par nous éloigner en marchant très doucement, pour ne pas l’énerver. Après 300 mètres de marche, nous avons constaté que l’ours nous suivait en marchant en contrebas de la montagne. Pris de panique, nous avons battu le record de vitesse de « 4km lestés », lestés avec dégaines, cordes et j’en passe!

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Bref, soyez prudents, ne gardez pas de la nourriture sur vous (la nourriture doit être attachée dans un sac plastique fixé à l’extérieur de votre sac à dos afin que vous puissiez lancer ce sac à l’ours… si, si c’est vrai…). Restez calme, ne courrez pas (il est plus rapide que vous), ne montez pas dans un arbre (il monte mieux que vous), ne criez pas (il n’aime pas ça)… En résumé : évitez d’en croiser un !

La région de Sinaia

St Ana

St Ana est un lieu très surprenant. Le premier spot que vous allez rencontrer est en effet un monastère troglodyte. On est face à un 8A+ (cotation personnelle). C’est engagé, mal équipé et la sortie du surplomb est possible grâce à une prise en résine détruite à 75%. A voir et à tester uniquement si vous le sentez bien car le vol peut faire très mal.

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En continuant sur le chemin, vous allez découvrir une série de 6A à 6C. L’équipement est suffisant mais doublez tout de même avec quelques coinceurs de sécurité. J’ai en effet tiré sur un piton pour tester la solidité et celui-ci a très fortement bougé.

Viens ensuite un belle espace très dégagé qui ravira les débutant : 4A à 5C. L’équipement est impeccable car cet endroit est le lieu d’entrainement de la police. Attention toutefois ; la falaise n’est pas peignée. A chaque pied qui se pose, c’est une pluie de gravier sur l’assureur. Je conseille donc le port de lunette de protection et comme toujours, le casque est obligatoire autant pour l’assureur comme pour l’assuré.

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Derrière ces voies équipées, il y a des voies non abouties et de belles opportunités avec des coinceurs. On flotte entre du 6B et du 9A… mais attention, j’ai bien dit coinceurs ! On peut se lancer dans des enchainements allant jusqu’à 5 longueurs ; gros potentiel.

Une topo de St Ana s’il vous plait…

Puisque vous êtes de fidèles lecteurs, voici une chouette topo en anglais dans le texte.

Le rocher de Poiana Stanii

Un spot 5 étoiles, full confort, avec même des petites terrasses de bois au pied des voies et un super bar restaurant où le personnel est totalement charmant, à environs 50 mètres des rochers.

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C’est le spot idéal si vous voulez grimper des voies courtes (8 mètres) et bosser différents styles d’escalade sur différents niveaux. On trouve des voies allant de 4C à 9A avec quelques très beaux défis, bien lisses, vraiment lisses…

Poiana Stanii est moins impressionnant que St Ana et offre moins de possibilité. Cependant l’équipement est impeccable et certaines voies, qui peuvent être travaillées en mode bloc, valent la peine de s’y attarder.

Heu… une topo ?

Ok, ok… Et on dit « Merci NOSPOT pour les recherches ! ».

Et si on prenait un peu de recul?

Quelles sont les autres possibilités de la Roumanie ? Comme je le disais en début d’article, il y a un peu plus de 600 voies officiellement répertoriées. Quid de la région de Sinaia ? J’ai trouvé sur internet une image en trois dimensions du relief. Ce que j’ai découvert ? Que les spots que j’ai testés ne sont que la face émergée de l’iceberg.

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Regardez cette image. J’ai entouré en rouge la zone grimpée. Ce que j’ignorais, c’est ce qu’il y avait derrière ces montagnes : des plus grosses montagnes ;-) Bref, des heures, des heures et des heures de grimpe qui n’attendent que vos petits chaussons !

Et l’alpinisme alors ?

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Pour l’alpinisme, direction les Monts Fagaras (prononcez FAGARACH). Le plus haut sommet est le Moldoveanu (2 544 m). Il est suivi, en altitude, par les sommets Negoiu (2 535 m), Viştea Mare (2 527 m), Lespezi (2 522 m), Vânătoarea lui Buteanu (2 507 m), et Dara (2 501 m).

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En été, le climat est très variable. On passe de la canicule au brouillard sans aucun avertissement. Notre ascension du Vânătoarea lui Buteanu est un parfait exemple de climat made in Fagaras. Arrivé au parking, on ne voyait pas à 50 cm.

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Impossible de localiser la montagne pour pouvoir commencer à grimper. Il nous faudra 40 minutes pour la trouver. La station météo embarquée faisait tinter des messages d’alerte sans arrêt. Nos cheveux étaient trempés par la rosée et en même temps nous avions chaud !

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La nuit, ce fut orages et tempêtes (c’est là que nous avons effectué notre test de la tente T2 de Quechua). Au matin, ce fut froid mais correct pour se finir sur une après midi caniculaire.
Le niveau technique n’est pas très haut. Les cols ne présentent pas de difficulté majeure. Les paysages sont très beaux.

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Mais en hivers…

C’est là que les Fagaras révèleront toutes leurs forces. Un belle hivernale roumaine ; un projet pour cette année ? Hum… à voir, c’est très tentant. Qui sait, peut être un nouvel article dans quelques mois.

Attention toutefois, les Fagaras sont connus pour leurs avalanches très fréquentes, avalanches imprévisibles qui ont emporté en décembre 2004 l’alpiniste roumain Viorel Negoita, qui connaissait parfaitement ces régions.

En résumé

Trop de chose à découvrir et pas assez de temps ! La Roumanie est un pays de grimpe qui est « encore vierge » pour les français, les belges, les suisses, les canadiens et les luxembourgeois (j’espère n’avoir oublié personne). Laissez-vous tenter, vous ne le regretterez pas. Personnellement, je me réserve les deux prochains étés pour approfondir le sujet.

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