Je pense donc je grimpe.

vendredi 27 juillet 2012

GESTION ET TRAÇABILITÉ DU MATÉRIEL D'ESCALADE


La gestion de la bonne qualité du matériel d’escalade est primordiale pour la sécurité des grimpeurs.

La Fédération d’escalade française rappelle d’ailleurs à tous les dirigeants de clubs ou de comités territoriaux, et à tous ses cadres, que la mise à disposition d’Equipement  de Protection Individuelle et de matériel de sécurité en parfait état fait partie de son obligation générale de sécurité.

Petit Rappel

Il convient donc :

  • de vérifier l’état d’usure du matériel (via une traçabilité de tous les équipements de protection individuelle) ;
  • de vérifier sa conformité aux normes ;
  • de prévoir son renouvellement.


Une vraie gestion du matériel doit être mise en place avec :

  • une identification d’un responsable du matériel ;
  • une identification individuelle ou par lot du matériel ;
  • un contrôle de routine à chaque utilisation ;
  • un contrôle complet au moins une fois par an ;
  • la tenue d’un Registre Matériel permettant un suivi des matériels concernés ;
  • une information aux utilisateurs.
(Source : Recommandations fédérales 2009)

Un petit casse tête…

Mousquetons et dégaines

La gestion du matériel est un problème, tant du point de vue de la gestion des équipements d’une salle d’escalade que du point de vue d’un simple grimpeur possédant pas mal de dégaines, cordes, etc.

Une fois tout ce matériel mélangé, difficile de l’identifier facilement afin d’assurer un suivi de qualité.

Il est donc impératif de mettre en place un système de traçabilité permettant une identification précise du matériel. J’ai longtemps cherché un système permettant à la fois d’identifier avec précision chaque matériel et permettant également, de fournir la date d’achat et la date de déclassage conseillé.

Le matériel a en effet une durée de vie limitée. Cette durée de vie est renseignée par le fabriquant dans la notice d’utilisation. Malheureusement, force est de constater que si les matériaux de base sont les mêmes : fibre, tissu et métal, les recommandations des fabricants diffèrent énormément entre  eux.

Après avoir effectué des recherches sur internet et exploré les sites des fabricants, on ne sait plus à quel saint se vouer :

  • Salewa : 3 ans
  • Simond, Fixe, Kong, Snap : 5 ans
  • Peltz, DMM, Black Diamond, Wild Country, Stubaï, Faders : 10 ans
  • Camp et Cassin durée illimitée !

Le point de vue Nospot :


Sangles : 3 ans pour une utilisation régulière et 5 ans pour une utilisation occasionnelle (les recommandations FFME en matière de sangle est de 3 ans)

Mousquetons : 10 ans max. Si toutefois, vous constatez des coups, des grosses griffes ou autres ressorts fatigués, déclassez le matériel. Attention, ne jetez pas à la poubelle ou ne le laissez pas dans un tiroir. A tous les coups, il risque d’être à nouveau employé. Lorsque vous déclassez un mousqueton, vous le coupez en deux avec une scie à métaux et le confiez ensuite ci-possible à une filière de recyclage.

Cordes

La durée de vie des cordes est très variable car elle répond à une petite addition : durée de stockage avant première utilisation + durée d’utilisation.

Pour simplifier, on peut se baser sur les règles de gestion suivantes :

  • La durée de vie est limitée à 10 ans.
  • La durée de vie dépend de la fréquence et du mode d’utilisation.
  • Les sollicitations mécaniques, les frottements, les U.V. et l’humidité dégradent peu à peu les propriétés de la corde.
  • Noter qu’à l’usage, une corde grossit donc perd jusqu’à 10% de sa longueur.

La corde doit être mise au rebut au plus vite :

  • si elle a subi une chute conséquente, de facteur proche de 2 (explications ici).
  • si à l’inspection l’âme apparaît endommagée.
  • si la gaine apparaît très abîmée.
  • si elle a été au contact de produits chimiques dangereux.
  • s’il y a un doute sur sa sécurité.

Traçabilité du matériel d’escalade

Le problème posé est donc de pouvoir stocker un numéro d’identification, une date d’achat et une date de déclassage théorique sur chaque matériel: cordes, mousquetons, dégaines et baudriers. Vu le manque de surface plane, il faut pouvoir stocker cela sur une surface de 1 centimètre carré.

Pour résoudre ce casse tête, il faut se tourner vers les codes barres en 2D. Ceux-ci permettent de stocker les informations nécessaires sur une très petite surface. Pour lire ces codes barres, il vous suffit d’avoir un GSM permettant de faire des photos. Il faut naturellement installer un programme qui va afficher sur l’écran de votre mobile, le contenu du tag.

Pour installer un lecteur sur votre GSM : http://www.i-nigma.com/SupportedDevices.html
D’autres programmes de lecture sont disponibles là : http://www.scanlife.com/atlantis/appdownload.html

Pour les utilisateurs de IPHONE, il vous suffit de taper I-NIGMA dans l’Iphone Store.

Créer un code barre 2D

Installer ce programme : un générateur de code barre en 2D.

Si, vous êtes sous MAC, vous pouvez toujours créer un tag 2D en ligne sur ce site : http://www.i-nigma.com/CreateBarcodes.html

Utiliser le programme

 


Sélectionnez DATA MATRIX, puis encodez le numéro d'identification (voir le registre), la date d'achat et la date de déclassage estimée. Le code barre se génèrera automatiquement. Comme vous pouvez voir, si vous demandez au programme du GSM de lire le tag, l'information apparait automatiquement sur l'écran, ce qui vous permet de contrôler à tout moment le matériel.

Tenir un registre

Dans le code barre que vous générez, indiquer, le numéro d’identification, le cate d’achat et la date de déclassage estimée.

Ensuite, mettez à jour le registre du matériel. Vous pouvez télécharger le registre ICI.


 Dans ce registre, ne remplissez pas la première colonne qui est le numéro d’identification du matériel correspondant. Dans la deuxième, choisissez le type de matériel à tracer : baudrier, mousqueton, corde, etc. Dans la troisième, encodez la date d’achat. Une date hypothétique de déclassage apparaîtra.  Dans les colonnes E et F, indiquez le nombre de sortie en falaise du matériel et le nombre de fois ou ce matériel sera impliqué dans une grosse chute. Dans les colonnes suivantes, le registre vous fournira des indications de déclassage.

Si vous n'avez pas Excel, vous  pouvez télécharger le programme gratuit Open Office qui remplit les mêmes services que Excel.

Marquer le matériel

Vous savez dorénavant tenir un registre et imprimer des tag 2D. Maintenant comment fixer les tags sur le matériel ? Il vous suffit d’imprimer le tag. Ensuite, il faut le plastifier. Pour cela, il vous suffit d’imprimer le tag puis de le plastifier. Pour cela, il vous  suffit d’utiliser du plastique autocollant, comme on en utilise pour recouvrir les cahiers d’école.



Ensuite, il vous faut le fixer sur le matériel. Pour les mousquetons, baudriers et dégaines, un papier collant de bonne qualité suffit. Pour  les cordes,  je vous conseille de la Super Glue à l’arrière du code barre 2D, plus de la colle chaude (en pistolet électrique) aux différentes extrémités.

Conclusion

Le traçage et le registre sont des outils efficaces mais le plus important restent l’expérience des moniteurs et leur vigilance. Une inspection visuelle du matériel tous les trimestres est indispensable ; le savoir faire et la conscience professionnelle prévaut avant toute autre règle.

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