Je pense donc je grimpe.

dimanche 29 juillet 2012

LITTÉRATURE MONTAGNARDE : LA NEIGE EN DEUIL, 1966, HENRI TROYAT.

Romancier français d'origine russe, Henri Troyat est une référence du roman traditionnel au XXe siècle. Avec « La Neige en deuil », il nous livre une histoire qui a pour cadre un tout petit village des Alpes française, le dernier village avant les sommets.

Ce livre a inspiré un film à Edward Dmytryk , « The Mountain », film culte qui donna des envies de grimpe à des personnages mythiques du monde de l’escalade comme Alain Robert.




Plantage du décor.

Nous sommes dans les années 1950, le village se désertifie et ne revit que l'été lorsque les grimpeurs viennent chercher un guide pour s’attaquer aux sommets.

Isaïe a été un de ces guides mais il a dû abandonner sa passion, la montagne, suite à un terrible accident où deux de ses clients furent tués et lui même blessé. Depuis, quelque peu perturbé mentalement, torturé par la culpabilité, il vit d'élevage avec son frère Marcellin.

Marcellin est fainéant, menteur et manipulateur. Il souhaite être riche et pour cela quitter le village, vendre la maison et quitter ce frère qui l'a pourtant élevé.


L’action

Un jour, un avion percute le sommet de la montagne.

Cet accident va permettre aux deux frères de révéler leur vraie nature.

Marcellin part au sommet pour piller l’épave.

Isaïe part braver ce sommet dangereux par amour pour son frère et pour retrouver son âme de guide.

Le mot du lecteur

Un petit roman simple et fort à la fois ; vite lu, moins vite digéré.

Une montagne implacable, un guide tourmenté et blessé ; une tragédie pleine de culpabilité, de cupidité, de sincérité et de courage.

« L'écriture de Troyat est simple mais pas simpliste… Les phrases sont écrites, on les lit, l'histoire avance, on s'y enfonce, sans en ressortir indemne. »

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Extrait


« Déchiqueté, rompu, il gisait sur le ventre dans la neige, telle une bête blessée à mort. Le nez de l'appareil s'était aplati contre un butoir rocheux. L'une des ailes, arrachée, avait dû glisser le long de la pente. L'autre n'était plus qu'un moignon absurde, dressé, sans force, vers le ciel. La queue s'était détachée du corps, comme celle d'un poisson pourri. Deux larges trous béants, ouverts dans le fuselage, livraient à l'air des entrailles de tôles disloquées, de cuirs lacérés et de fers tordus. Une housse de poudre blanche coiffait les parties supérieures de l'épave. Par contraste, les flancs nus et gris, labourés, souillés de traînées d'huile, paraissaient encore plus sales. La neige avait bu l'essence des réservoirs crevés. Des traces d'hémorragie entouraient la carcasse. Le gel tirait la peau des flaques noires. Même mort, l'avion n'était pas chez lui dans la montagne. Tombé du ciel dans une contrée de solitude vierge, il choquait la pensée comme une erreur de calcul des siècles. Au lieu d'avancer dans l'espace, il avait reculé dans le temps. Construit pour aller de Calcutta à Londres, il s'était éloigné du monde d'aujourd'hui pour aboutir à un coin de planète, qui vivait selon une règle vieille de cent mille ans. »

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