Je pense donc je grimpe.

jeudi 26 juillet 2012

D. Le matériel d'escalade

Vous arrivez à la partie consacrée au matériel d’escalade. Vous y trouverez le matos le plus couramment utilisé, le matériel spécifique à l’une ou l’autre pratique sera vu plus loin.

Le matériel d’escalade étant utilisé également en alpinisme, il ne sera évidemment pas détaillé à nouveau dans la partie concernant la haute montagne.

J’en profite également pour signaler (mais est-ce bien nécessaire ?) que tout le matériel de montagne est spécifique à la pratique des sports de montagne et, comme nous l’avons vu auparavant, répond à des normes très strictes. De plus, chaque matériel doit être utilisé dans des conditions bien précises et il est impératif de respecter les indications du fabricant (n’hésitez pas à lire la notice avant d’utiliser tout nouveau matériel).

Magnésie et sac à magnésie

 

Carbonate de magnésium pour les puristes (MgCO3), cette poudre blanche est utilisée en escalade pour réduire la transpiration des mains.

Le pof, ou colophane (substance récoltée à partir d’arbres résineux), est utilisé par les grimpeurs de haut niveau, notamment en bloc, à cause de son pouvoir adhérent. Il est généralement mélangé à la magnésie et est également déposé sur les prises et les semelles des chaussons.

Et le sac à magnésie sert à … y mettre la magnésie, tiens donc…







Remarque :la magnésie en poudre, principalement, une fois déposée sur le rocher, provoque une érosion rapide due aux actions de la pluie et du vent et rend les prises lisses. C’est une de pollutions à laquelle le grimpeur doit être très attentif. Il n’est pas nécessaire d’utiliser de la magnésie à tout va. De plus, la magnésie liquide serait moins dégradante pour le rocher.

Les chaussons

 

Les choix des chaussons est certainement le plus difficile en ce qui concerne l’équipement du grimpeur. Les modèles sont nombreux et leurs caractéristiques ariées.
Commençons par les éléments communs à la majorité des chaussons : la plupart possèdent un dessus souple et une semelle lisse très adhérente (c’est déjà ça).

Maintenant passons aux différentes caractéristiques

 

- mode de fixation : lacets ou velcro : les lacets permettent un serrage précis sur toute la longueur du chausson tandis que le velcro apporte une rapidité de chaussage/déchaussage pratique en salle ou sur les courtes voies en rocher. Il existe également des ballerines, qui s’enfilent et sont maintenues par des élastiques.



- asymétrie de la semelle : détermine la forme de la semelle. Varie entre faible asymétrie (droit), asymétrie classique et forte asymétrie. Un chausson plutôt droit sera plus confortable mais moins précis. Un chausson asymétrique sera plus précis, permettra d’utiliser efficacement les carres, au détriment du confort.



- souplesse et rigidité de la semelle : une semelle souple facilite l’escalade dynamique en adhérence et une semelle rigide permet des poussées facilitées sur les petits grattons. La semelle d’un chausson n’est pas nécessairement souple ou rigide, il existe différentes rigidités de semelles suivant l’usage du chausson. Cela va du chausson souple au chausson rigide, en passant par des intermédiaires, plutôt polyvalents.

Profil du chausson

Il existe 3 profils de chaussons :
•••• profil neutre : forme traditionnelle respectant la morphologie du pied.
•••• pointe crochetante : légère convexité sous les orteils afin d’accentuer l’effet griffant de la pointe. On retrouve souvent une pointe crochetante sur un chausson à profil cambré
•••• profil cambré : étudié pour optimiser la poussée et la puissance sur les prises. Il aide la contraction du pied pour accentuer la poussée et la préhension.



Le casque

 

Un casque de montagne doit être léger, résistant aux chocs à des températures extrêmes et offrir un champ de vision optimal. Le casque n’est pas encore obligatoire en rocher mais il est vivement conseillé. Il est par contre obligatoire en montagne. En effet, il ne protège pas seulement des chutes de pierres ou autres objets laissés tombés par les autres grimpeurs, il protège également la tête lors des chutes et du contact éventuel avec la paroi.

Deux types de casques sont à distinguer, en fonction de la composition de la calotte :
- calotte en mousse expansée (polystyrène, par exemple) : ces casques sont généralement très légers, absorbent très bien les chocs grâce à leur déformation importante mais sont un peu moins robustes en terme d’usure extérieure.
- calotte à coque dure : plus lourd, ils sont aussi plus robustes mais l’absorption des chocs est moins bonne.

Certains modèles de casques combinent les deux procédés pour allier robustesse, bonne aborption de l’énergie due aux chocs et légèreté.

Des accessoires peuvent être ajoutés aux casques. Par exemple, une lampe pour la spéléo ou une visière de protection pour la cascade de glace.



Le harnais (ou baudrier)

 

Le harnais (ou baudrier) est le premier élément qui retient le grimpeur en cas de chute. Il doit être confortable, surtout pour les longues voies, léger, pratique à l’utilisation et polyvalent si on l’utilise également en haute montagne.

Il existe plusieurs types de harnais. Tout d’abord, les harnais (ou baudriers) se déclinent en deux catégories : les harnais cuissards, les plus utilisés en pratique sportive, et les harnais complets. Ces derniers, très utilisés autrefois car ils empêchent le grimpeur de basculer la tête en bas, se sont avérés plus dangereux pour le grimpeur en cas de chute en tête de cordée. Ensuite, les harnais se différencient par leur confort (qualité des mousse de la ceinture et des tours de cuisse), leur réglage (non-réglable aux niveau des jambes, une ou deux boucle(s) à la ceinture), le nombre de porte-matériel et le point d’encordement.

Un harnais avec des tours de cuisse non-réglables sera plutôt destiné à l’escalade, tandis qu’un harnais entièrement réglable sera plus polyvalent escalade/montagne.


ATTENTION : pour les enfants de moins de 40 kg, l’utilisation d’un harnais complet ou d’un harnais cuissard couplé avec un harnais de torse est obligatoire. Le risque que l’enfant ne bascule et sorte de son harnais est ainsi éliminé.



En savoir plus…
Il existe des harnais adaptés à la pratique de la spéléo et du canyon. Les harnais de spéléo sont beaucoup plus résistant à l’abrasion que les harnais escalade/montagne et leur ceinture se ferme par l’intermédiaire d’un maillon rapide (type Delta ou demi-rond). Les harnais de canyon sont souvent doublés d’une culotte de protection pour protéger le harnais et le canyoniste lors des descentes.


Les cordes

 

Structure d’une corde

Une corde d’escalade est fabriquée en polyamide (plus communément appelé nylon). Elle est constituée :
  • d’une gaine. La gaine est toujours colorée dans le cas des cordes dynamiques, contrairement aux cordes semi-statiques qui sont de couleur blanche.
  • d’une âme. L’âme est enveloppée par la gaine et est de couleur blanche. Elle est constituée de plusieurs petits brins tressés.
  • d’une bandelette de couleur. Cette bandelette est située au centre de l’âme et permet de connaître l’année de fabrication de la corde.



Il existe 2 types de cordes : les semi-statiques et les dynamiques.

 

Les cordes semi-statiques

Les cordes semi-statiques ne s’utilisent que pour descendre en rappel ou effectuer de la remontée sur corde. Ce sont des cordes qui possèdent un faible allongement mais également un pouvoir dynamique réduit. Autrement dit, ces cordes ne sont pas conçues pour absorber une chute, et ne seront utilisée ni en escalade ni en alpinisme. Ce type de corde est parfait pour la spéléologie ou le canyon, où la corde reste toujours tendue (descente en rappel, remontée sur corde).

Les cordes dynamiques

Les cordes dynamiques résistent aux efforts dynamiques (chute). Elles sont donc utilisées dans toutes les activités pour lesquelles il y a risque de chute (escalade, alpinisme, cascade de glace, …).

Le but d’une corde dynamique est de réduire au maximum l’énergie transmise au grimpeur lors de l’arrêt d’une chute par la chaîne d’assurage. Pour ce faire, la corde s’allonge afin d’absorber le plus d’énergie possible.

Dans les cordes dynamiques, nous retrouvons 3 types de cordes : les simples, les doubles et les jumelées.

 

Les cordes à simple


Ce type de corde s’utilise sur un seul brin. Cette corde s’utilise en escalade sportive ou pour les courses faciles sans relais, lorsque la descente en rappel n’est pas nécessaire. Le diamètre des cordes à simple se situe généralement entre 9,4 et 11mm. La longueur optimale de corde à simple est 70m, ce qui permet de grimper sans devoir improviser un relais sur rocher équipé parce que la corde s’est avérée trop courte.

Les cordes à double

Une corde à double est formée de 2 brins sur lesquels le leader doit s’encorder. Par contre, deux seconds peuvent être encordé, chacun sur un seul brin. Afin de limiter le tirage, on peut ne mousquetonner qu’un brin à la fois. Cette corde s’utilise pour la montagne ou pour les grandes voies d’escalade, lorsqu’une descente en rappel est nécessaire. De plus, si les points de protection sont aléatoires (cascade de glace, par exemple), cette corde réduira la force de choc sur la chaîne d’assurage. Et, en cas de chute de pierres ou de chute sur une arête, elle offre une meilleure sécurité grâce aux deux brins. Le diamètre des cordes à double varie entre 8,1 et 9mm. On utilise généralement 2 brins de 50 ou 60m (ou une corde de 100 ou 120m avec 2 brins de couleur différente) pour ne pas trop réduire les longueurs entre les relais ou de la descente en rappel.


Les cordes jumelées

Les cordes jumelées s’utilisent toujours sur 2 brins : non seulement chaque grimpeur s’encorde sur les deux brins mais ces deux brins doivent être mousquetonnés simultanément et ester parallèles. Contrairement à la corde à simple, elle permet de faire des rappels, elle est plus légère que la corde à double mais ne permet pas de séparer les brins. Les cordes jumelées possèdent un diamètre compris entre 7,7 et 9mm.

Remarque : La corde de randonnée n’est pas un autre type de corde. Il s’agit d’une corde qui permet de progresser encordé (rando glaciaire, passages difficiles en randonnée, …) et doit être au minimum un brin de corde jumelée.

On retrouve également les cordes à simple et à double au niveau des cordes semi-statiques. Cela détermine si la corde s’utilise sur un ou deux brins.

En savoir plus…
Il existe des cordes qui répondent aux 3 normes (la Joker 9,1mm de Béal, par exemple). Ces cordes doivent être utilisées par des grimpeurs avertis, qui recherchent la légèreté à tout prix. Elles peuvent également être utilisées en alpinisme pour sa polyvalence. Mais qui dit polyvalence ne dit pas performances optimales pour toutes les pratiques. Dans tous les cas, prudence… 


Entretien et stockage d’une corde

 

Une corde doit être stockée à l’abri de la lumière, de l’humidité et d’une source de chaleur. Laver la corde en la trempant dans de l’eau claire et tiède (max 30°) et utiliser un savon non-agressif et brosser éventuellement avec une brosse synthétique. Séchage à l’ombre à l’écart de toute source de chaleur (si possible à l’air libre).

Caractéristiques d’une corde dynamique

 

Plusieurs informations se trouvent sur la notice d’une corde. Il est important de les lire pour choisir sa corde et pouvoir comparer plusieurs modèles.

1. La force de choc
C’est effort ressenti par le grimpeur au moment où la chute s’arrête. Cette force agit également sur l’assureur et le dernier point mousquetonné. Plus la valeur est faible, meilleure est la capacité de la corde à absorber l’énergie d’une chute. Cette valeur est exprimée en kiloNewton (kN). 1 kN équivaut approximativement à 100kg (exactement 101,94 kg).

2. Le glissement de la gaine
L’âme et la gaine de la corde sont indépendants et peuvent se désolidariser si la corde n’est pas fabriquée correctement. Ce qui entraîne un glissement de la gaine sur l’âme et un gonflement ponctuel (« effet chaussette »). Ce phénomène provoque une usure plus rapide de la corde et cette dernière peut se coincer dans les systèmes d’assurage.

3. Le diamètre et le poids
Les cordes de diamètre plus important ont généralement une plus longue durée de vie. Par contre, elles sont plus lourdes et moins agréables à utiliser. Une corde de faible diamètre sera plus légère et plus fluide et sera privilégiée dans les voies où ces caractéristiques ont de l’importance. La performance globale d’une corde peut être considérée comme le rapport entre son poids et ses caractéristiques dynamiques.

4. Le nombre de fuseaux
Les fuseaux sont les groupes de fils qui constituent la gaine. A diamètre égal, une nombre de fuseaux élevé donne de meilleures caractéristiques dynamiques à une corde, tandis qu’un nombre de fuseaux plus faible donne une meilleure résistance aux frottements.

5. Le nombre de chutes
Pour satisfaire aux normes, une corde doit résister à minimum 5 chutes de facteur 1,77 avec une masse donnée. Cette masse varie suivant le type de corde :
o corde à simple : 80 kg
o corde à double : 55 kg
o corde jumelée : 80 kg sur 2 brins

6. L’allongement dynamique
C’est l’allongement de la corde mesuré lors de la première chute du test précédant (nombre de chutes). Il ne doit pas dépasser 40%.

7. L’allongement statique
Mesuré sous une charge de 80 kg (sans chute, évidemment), il ne doit pas dépasser 10% pour une corde à simple, 12% pour une corde à double et 10% pour une corde jumelée testée à deux brins.

Valeurs de la force de choc imposées par la norme :
- corde à simple : force de choc inférieure à 12 kN lors de la première chute de facteur 1,77 avec une masse de 80 kg.
- corde à double : force de choc inférieure à 8 kN lors de la première chute de facteur 1,77 avec une masse de 55 kg.
- Corde jumelée : force de choc inférieure à 12 kN lors de la première chute de facteur 1,77 avec une masse de 80 kg sur 2 brins.

Les cordelettes et les sangles

 

Les cordelettes utilisées en escalade sont statiques, c’est-à-dire qu’elles n’ont aucune capacité dynamique. On les utilise pour confectionner des anneaux de cordelette. Ces anneaux servent à confectionner un nœud autobloquant, relier des ancrages entre eux (relais), installer un point d’assurage, allonger une dégaine, … Une cordelette peut aussi servir à hisser du matériel le long d’une paroi et, en dernier recours, comme corde de secours. Le diamètre des cordelettes varie entre 4 et 8 mm. Il existe également des 2 et 3 mm mais elles sont rarement utilisées en montagne. Pour confectionner un anneau de cordelette, prenez un brin de cordelette et fermez-le grâce à un nœud de pêcheur double. La longueur de l’anneau varie entre 60 cm et 1 m, voire parfois plus. Avoir quelques longueurs différentes avec soi est toujours mieux.

Les sangles, statiques également, s’utilisent toujours en anneaux. Elles existent en anneaux cousus ou noués. Les sangles plates et tubulaires sont fabriquées en polyamide, comme les cordes. Il existe également des sangles en Dyneema (fibre polyéthylène extrêmement résistante). Quelles sont les différences ? Les sangles plates possèdent une largeur comprise entre 18 et 50 mm, sont assez résistantes à l’abrasion mais assez rigides.

Les sangles tubulaires sont plus étroites (16 mm), plus souple, donc plus agréables à manipuler, mais aussi plus fragiles.

Les sangles en Dyneema ont une largeur comprise entre 6 et 15 mm. Elles sont très résistantes à l’abrasion, à la traction et également aux UV, contrairement au polyamide. Par contre, la température de fusion du Dyneema est assez basse, 145°C.

Sangle cousue ou nouée ?

 

Les anneaux de sangle cousue sont proposés dans des longueurs variant généralement entre 30 et 175 cm. De plus, ces sangles ont une résistance de 22 kN. Pour les anneaux de sangle noués, les avantages sont le prix plus bas que les anneaux cousus et le fait qu’ils peuvent être dénoués afin d’attacher l’anneau autour d’un arbre ou d’un bloc coincé dans une fissure, par exemple. Par contre, la présence du nœud fragilise l’intégrité de l’anneau. La résistance des anneaux noués dépend d’abord de la sangle et ensuite du nœud. La sangle à nouer est vendue au mètre. Sur cette sangle sont cousues des lignes longitudinales de couleur (1 à plusieurs). Une ligne indique une résistance minimale de 500 kg. Ce système n’est valable que pour la sangle au mètre. La résistance d’un nœud de sangle ne dépasse pas 1800 kg…

Les mousquetons

 

Le mousqueton est le meilleur ami du grimpeur. Il permet d’assurer, d’attacher la corde, de se vacher, de descendre en rappel, … Bref, sans lui, pas de grimpe…

Les mousquetons de montagne et escalade sont fabriqués en zicral, alliage d’aluminium et de zinc très résistant et léger. Les mousquetons sont déclinés en deux grandes catégories :
- les mousquetons de sécurité
- les mousquetons de progression.

Les mousquetons de sécurité possèdent une vis qui bloque le doigt sur le corps du mousqueton, minimisant les risques d’ouverture. Ces mousquetons servent principalement à l’assurage, l’installation du relais, la descente en rappel, la mise en sécurité sur la longe personnelle, …

Les mousquetons de progression sont destinés à la progression. C’est-à-dire qu’ils servent principalement sur les dégaines ou sur les coinceurs et retiennent le grimpeur de tête en cas de chute. C’est leur seul usage (mais c’est déjà pas mal…).

Ensuite, les mousquetons sont déclinés en différentes formes, suivant les usages :
- forme symétrique
- forme asymétrique
- forme de poire

Les mousquetons symétriques (forme ovale) sont très polyvalents et particulièrement indiqués lors de l’utilisation de systèmes mécaniques sur corde (poulies, bloqueurs, …). Ils sont beaucoup utilisés en spéléo.

Les mousquetons asymétriques permettent généralement une ouverture de doigt plus large que les précédents et sont aussi plus résistants à la traction. En effet, les efforts sur ce type de mousqueton sont répartis le long de l’axe vertical, loin du doigt, point faible des mousquetons.

Les mousquetons en forme du poire, ou HMS (de l’allemand Half Mastwurf Sicherung) qui signifie qu’il est prévu pour l’assurage sur demi-cabestan. Ce n’est pas son seul avantage ; sa forme lui confère également une plus grande ouverture du doigt, ce qui facilite les manipulations.





En savoir plus…
Lire les données sur un mousqueton
Sur tout mousqueton aux normes CE ou UIAA, se trouveront les informations suivantes :
- la résistance du mousqueton doigt fermé dans l’axe de travail (grand axe)
- la résistance du mousqueton sur le petit axe.
- la résistance du mousqueton doigt ouvert dans l’axe de travail (grand axe)







ATTENTION : si l’effort s’effectue SUR le doigt du mousqueton, la résistance de celui-ci est très faible !

Les résistances sont données en kN.

Si le mousqueton est de type HMS, un H est gravé sur le corps du mousqueton.

Les dégaines

 


Qu’est-ce qu’une dégaine ? Une dégaine est un système comportant 2 mousquetons reliés par une sangle cousue, généralement de faible longueur. La dégaine protège le grimpeur de tête d’une chute. Celui-ci va placer une dégaine dans des points de protection au fur et à mesure de son ascension et clipper la corde sur chaque dégaine. C’est un peu l’interface entre le rocher et la corde, qui permet que le grimpeur soit retenu au niveau de la dernière dégaine placée en cas de chute.

Les mousquetons utilisés sont généralement des mousquetons de progression. Ils sont de forme asymétrique et ne comportent pas de vis de sécurité. Les différences se situent au niveau du doigt. Il existe des doigts droits et des doigts coudés. Sur une dégaine sont généralement fixés un droit et un coudé. Le droit est clippé sur le point de protection ou le coinceur et le coudé est utilisé pour clipper la corde. Sa forme améliore la sensation et la préhension lors du mousquetonnage de la corde.

Les mousquetons de progression possèdent des doigt pleins ou « fil » (droit ou coudé). Les doigts pleins fonctionnent comme les doigts des mousquetons de sécurité, avec un système de ressort. Les doigts « fil » possèdent plusieurs avantages :
- le poids du mousqueton est réduit,
- le risque d’ouverture du doigt en cas de choc est réduit,
- le système de ressort du doigt provient de l’élasticité du métal, donc absence de pièce mécanique.

La sangle peut être de longueur variable, en général comprise entre 11 et 25 cm. Mais dans certains cas, il faut rallonger une dégaine à l’aide d’une sangle cousue afin de limiter le tirage.

Les systèmes d’assurage et/ou de descente en rappel

 

Les systèmes d’assurage et/ou de descente en rappel sont les outils qui permettent d’assurer un grimpeur et de descendre en rappel. Il en existe une multitude dans le commerce et les présenter tous est impossible. Néanmoins, j’en ai sélectionné trois qui sont, à mes yeux, les plus utilisés :
  • le « huit »
  • le Grigri (Petzl)
  • le Reverso (Petzl)

Il faut garder à l’esprit que le Grigri et le Reverso (tous deux fabriqués par Petzl) ne sont pas les seul systèmes d’assurage de leur catégorie, mais certainement les plus répandus.

Quoi qu’il en soit, le principe de base d’un système d’assurage et/ou de descente en rappel est de freiner la corde passant à travers ce système grâce aux frottements générés par ce dernier.

Le « huit »

Auparavant très utilisé pour sa polyvalence, aussi bien en tant que système d’assurage que de descente en rappel, il tend à être supplanté par les assureurs-descendeurs de nouvelle génération. En effet, outre sa fluidité à l’emploi et sa polyvalence, le « huit » vrille les cordes et son freinage est assez peu efficace. C’est pour cette raison qu’il n’est plus conseillé pour l’assurage.

Le Grigri

Le Grigri, fabriqué par Petzl, est un système d’assurage spécialisé. Une de ses caractéristiques est qu’il ne requiert pratiquement aucune force de la part de la personne qui assure. En effet, lorsqu’une tension se produit sur la corde, la came de l’appareil pivote et freine la corde, ce qui en fait un système d’assurage très sûr, principalement pour les débutants. C’est pour cette raison qu’il est très répandu en SAE et en falaise. Néanmoins, il possède plusieurs inconvénients qui l’excluent d’une utilisation en montagne. Tout d’abord, il ne s’utilise que sur un brin de corde à simple et son système auto-freinant sollicite beaucoup les points d’ancrage.

Le Reverso

Le Reverso est un couplage d’un système d’assurage « tube » et d’une plaquette d’assurage. Très polyvalent, il permet d’assurer un premier de cordée sur corde à simple ou à double, d’assurer un ou deux second(s) à partir d’un relais sans point de renvoi et de descendre en rappel.

ATTENTION : respecter scrupuleusement les consignes d’utilisation données par le fabriquant, notamment au niveau des diamètres de corde compatibles avec le système utilisé. Le non-respect des instructions du fabricant peut provoquer un accident grave. Les accidents de montagne sont dus, à de très, très rares exceptions près, à des erreurs humaines et non à une défaillance du matériel utilisé.

Les bloqueurs

 

Leur fonction consiste à se bloquer automatiquement sur la corde dans certaines situations. On distingue deux types de bloqueurs : ceux qui coulissent sur la corde vers le haut et se bloquent dès qu’ils sont soumis à une traction vers le bas et les systèmes de contre-assurage, lors d’une descente en rappel, qui se bloquent dès qu’ils sont lâchés (par ex., le Shunt de Petzl). Ils remplacent les noeuds auto-bloquants de contre-assurage.

Dans la première catégorie, on retrouve les systèmes de remontée sur corde tels que le Basic et le Tibloc de Petzl (ce dernier est un bloqueur de secours). En plus de la remontée sur corde, ils peuvent également servir pour les manipulation de secours, type mouflage.

 ATTENTION : (je sais, je me répète mais c’est extrêmement important) respecter scrupuleusement les consignes d’utilisation données par le fabriquant, notamment au niveau des diamètres de corde compatibles avec le système utilisé. Le non-respect des instructions du fabricant peut provoquer un accident grave. Les accidents de montagne sont dus, à de très, très rares exceptions près, à des erreurs humaines et non à une défaillance du matériel utilisé.

Les coinceurs ou protections amovibles

 

Sur rocher non-équipé, il est indispensable de placer des protections. Auparavant, les protections permanentes comme les pitons et les plaquettes étaient largement utilisés. Mais il est difficile de récupérer un piton, il faut dès lors en emporter en suffisance avec soi. De plus, d’un point de vue écologique, il est préférable également d’utiliser des protections amovibles.

Depuis plusieurs années déjà sont apparus les coinceurs. Qu’est-ce qu’un coinceur ? Un dispositif qui comporte une partie métallique à insérer dans le rocher ainsi qu’un câble ou une sangle qui sert de lien avec la corde.

Il existe deux types de coinceurs : passifs et actifs.

- Les coinceurs passifs ont en général la forme d’un trapèze inversé que l’on va coincer (d’où leur nom…) directement dans une fissure.

- Les coinceurs actifs, ou coinceurs à cames ou encore « friends » se coincent également dans une fissure mais se maintiennent en place grâce aux cames qui s’écartent pour appuyer contre les parois du rocher.




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